Samedi 28 avril 2007
6
28
/04
/Avr
/2007
21:38
A seulement dix-neuf ans, Jonathan Demayo va tourner son premier film, sur les néo-nazis en France. Portrait d'un pitre
émouvant.
Sac sur le dos, jean et pull over, Jonathan Demayo a encore l'allure d'un lycéen. Dans son cartable, pas de cours. Les feuilles sont celles d'un scénario. Il
s'apprête à tourner, pour la première fois, un court-métrage. Mais ce n'est pas sa première expérience professionnelle. Il s'est déjà fait remarquer, l'an passé, en atteignant la finale du
concours « Juste pour rire » organisé par France 2.
L'explication de sa précocité paraît
logique. A 13 ans, le natif de Saint-Laurent du Var (Alpes-maritimes) est déjà entre de bonnes mains. Il débute au théâtre avec Monique Batiston. La dirigeante
du Bouff'Scène , à Nice, est une véritbale dénicheuse de talent. C'est elle la première à s'être fait "casser" par Jean Dujardin, et à lancer
Bruno Salomone, Mado la Niçoise ou encore Laurent Ruquier.
« C'est ma mère qui m'a poussé vers le café-théâtre. Elle en avait marre de me voir traîné à la maison sans rien faire.». Fils d'un immigré égyptien,
et d'une française d'origine marocaine, Jonathan est issu d'un milieu modeste. Papa, ex-prof de Français, s'est reconverti dans la publicité. Maman, elle, est commercante. Pas de home
cinéma, donc , à la maison. Mais le ciné a toujours été présent at home : « J'ai toujours été élevé dans une culture cinématographique. Mon père a une incroyable collection
de films ! ».
Ses (p)références ? Les films made in USA des années 1970-1980 : le rêve américain version gangster. Le Parrain il
l'a vu une centaine de fois. Le sien est l'ancien directeur des programmes de TF1, et producteur de la série La Vie devant Nous. « Pour
l'instant, j'essaie d'y arriver sans piston. C'est une question d'honneur» . Difficile, d'ailleurs, d'y résister quand, chaque semaine, on dîne avec des stars.
« La scène m'a envoûté »
Véritable trublion, ses études ne le préoccupent pas. Il a trouvé sa vocation : « J'aime croire qu'on peut y arriver, comme avant, sans l'école.» . Sa mère
est une partisane du Passe ton bac d'abord !. Il obtient le Littéraire, avec mention.
Pour l'instant célibataire, le néo-parisien ne se
voit pas marié. Pour lui, le mariage n'est pas un acte d'amour : « Je n'ai pas envie dêtre enfermé dans une catégorie !». Et cela se ressent jusque dans son plan de carrière : il oscille
entre le one-man show et le cinéma.
Dans son univers, le modèle c'est l'extra-terrestre Gad Elmaleh : « Pour moi,
c'est le Charlie Chaplin des temps modernes. C'est un mime extraordinaire, il passe de l'humoriste à l'acteur avec une facilité déconcertante. »
.
Comme Gad, il aime la scène, et plus particulièrement le stand-up. Pour ses sketchs, il s'inspire
d'anecdotes quotidiennes : « Ce qui me fait le plus rire, c'est la bêtise spontanée et inconsciente de l'être humain » . Malgré son amour pour la scène, il se fixe une échéance :
« Si dans dix ans je galère toujours, je ferai un autre métier. La communication ou l'audiovisuel me plaisent » .
Mais
Demayo est pour l'instant satisfait de son parcours : « Cette année à Paris m'a permis de rencontrer des gens, de prendre des contacts. Ca devrait vraiment commencer à bouger
l'an prochain.». En attendant, entre lui et le monde du spectacle, la "mayo" commence à prendre. Il compte bien se faire un nom dans le métier.