Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 12:26


L'ouverture de Nicolas Sarkozy n'a désormais plus de frontières. Samedi, au blair----l-ump.jpg Conseil National de l'UMP, un invité surprise et de marque était présent : Tony Blair, l'ex-premier ministre travailliste du Royaume-Uni. 

Sa présence à l'UMP en a étonné plus d'un, suscitant même une polémique dans sa famille politique française :  « Il n'a rien à faire la-bàs, mais chacun sait que Tony Blair est en campagne pour la présidence européenne de l'an prochain. », déclaraient, pour une fois à l'unisson, les dirigeants socialistes. 
Côté britannique, on ne s'est pas gêné pour distribuer des bons et des mauvais points en profitant aussi pour saluer l'ouverture prônée par Nicolas Sarkozy : « Si j'étais français je serais....au gouvernement, plaisante-il. Non je serais à côté de ceux qui veulent rénover le parti socialiste. Dans un monde qui change, malheur à celui qui stagne ». Une leçon de morale mal digérée : « Selon moi, le PS doit trouver sa propre modernisation », a réagi Ségolène Royal sur France 2.

Une leçon de communication



Si à l'origine Tony Blair, préssenti comme le prochain président européen, était venu pour parler de l'Europe et des questions qui l'entoure, il a surtout distillé quelques conseils économiques pour la France, notamment concernant la flexibilité du travail, des syndicats «partenaires du changement et pas de la résistance »,  et une  « une éducation du salarié » lui permettant d'accepter les réformes de libéralisation.
Mais ce qui a crevé l'écran, c'est surtout une véritable différence en matière de communication. Calme et dans un français persque parfait, le socialise a joué a fond la carte de l'humour so british« Sarkozy est un président energétique...et dans tous les domaines ! », faisant ainsi référence à la vie privée du Président de la République, qui, s'il était tendu sur ce sujet mercredi face aux journalistes, était cette fois-ci complètement hilare.
Plus qu'un discours politique, Tony Blair a livré un véritable one-man show, provoquant ainsi les rires d'une assemblée attentive à la moindre petite touche d'humour. Une prestation qui contraste évidemment avec un Sarkozy toujours dans l'hyperactivité, à la limite de l'énervement.

Par JEROME GUEDJ - Publié dans : ACTUALITE
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 13:23


Vols de cours, jets d'oeufs, cris incéssants... A la faculté de pharmacie de Paris V Observatoire, l'année de concours pour le passage en deuxième année est un véritable calvaire pour la majorité des étudiants. Déjà confrontés à la difficulté des cours et la pression de l'examen, les élèves subissent aussi un bizutage sévère. (Mauvaise) ambiance....


«Tsss! Tsss !
 », siffle le fond de la salle. Le mot « sélection » vient d'être prononcé par le professeur de culture générale. Une scène quotidienne dans l'amphithéâtre Bussy. Dans cette arène, la séléction, justement, n'est pas naturelle : elle est opérée par des bizuteurs, une cinquantaine de doublants qui pertubent le cours du mieux qu'ils peuvent. 
Ici, être assis, c'est déjà un privilège. Pour les chanceux rescapés d'une entrée presque asphyxiante, il faut ensuite éviter d'autres pièges. Car ces étudiants-gladiateurs règnent en maître dans cette arène, s'adonnant à tous les vices : huile et eau répandues dans les escaliers, jets d'oeufs tous azimuts, accaparement des meilleures places.
Si le bizutage est un jeu puéril, en « pharma » c'est un véritable moyen de pression sur les étudiants. Principale cible, les primants : « On veut pas perturber le cours du prof' mais gagner un maximum de places au concours. C'est comme ça, c'est la compétition ! », explique Caroline, doublante mais toujours déterminée. Sur 1000 candidats, seuls 280 sont admis en deuxième année. L'an passé, elle a terminé 350 ème : 70 places manquantes qu'elle compte aujourd'hui
« gagner à tout prix ». 
Malgré la loi Royal de 1998 interdisant ces actes « humiliants et dégradants », les bizuteurs, qui risquent six mois de prison et 7 500 euros d'amende, ne reculent devant rien :  « On n'a pas de limites. Pour nous, c'est pas du bizutage, c'est la dure loi de la sélection. C'est partout pareil ! », ajoute Laurent, 21 ans, une boulette de papier mâché en main prête à servir.
« Calmez-vous, vous savez que j'aime pas trop çela », lance désabusé Nicolas Papon. Cet enseignant en biotechnologies a perdu tout espoir de faire cesser ce vacarme :  « Evidemment, c'est aussi embêtant pour moi que poue pour ceux qui veulent suivre le cours. Je laisse faire car on ne peut rien faire », déplore-t-il.

"Dehors !"

Face au laxisme de la majorité des enseignants, les bizuteurs perpétuent la tradition. Une coutume aux conséquences alarmantes : l'an passé, plus d'un quart des primants ont abandonné avant même d'avoir passé le concours. « C'est vraiment épuisant au quotidien ! », se révolte une primantequi se plaint fréquemment de maux de tête. « On a déjà assez de pression, ce n'est pas la peine qu'ils en rajoutent ! »« Moi je les comprends, l'an passé jai eu beaucoup de mal à m'adapter à toute cette ambiance. Maintenant, franchement, je les trouve ridicules : ça ne me stresse plus ! », confie Boris, doublant, les mains aggripées à sa pochette de cours.
Le cours d'informatique commence, les cris continuent : « Je ne suis pas là pour amuser la galerie : taisez-vous ou je quitte la salle ! », menace le professeur Benazeth. « Dehors, dehors ! », scandent pour toute réponse les bizuteurs. L'enseignante s'exécute. Les primants sont écoeurés, Caroline, elle, jubile : « On s'en fout, on l'a déjà ce cours ! ». Tout est bon à prendre pour ces bizuteurs.

 

Par JEROME GUEDJ - Publié dans : ACTUALITE
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 14:15

Costume-cravate, allure de diplomate, Henri Dudzinski, chef des éditions à La Voix du Nord, est venu à l'IUT Journalisme de Cannes pour parler de la liberté d'information dans les pays de l'ex-URSS.

Tout nouvel expert au Conseil de l'Europe pour la Russie et la Bosnie, ce journaliste, fils d'immigré polonais, dresse un portrait bien terne de l'état de la presse en Europe de l'Est :  « J'ai pas mal de choses devant et derrière moi. Mais à chaque fois que je vais dans ces pays, j'ai cette impression terrifiante de retourner dans les années désastreuses des régimes totalitaires », confie-t-il, le regard noir.

A 52 ans, ce journaliste de La Voix du Nord a aussi connu de nombreuses mutations de la société d'information en France : les « dictatures économiques » exercées par les grands groupes de presse, ou encore le déclin de la presse écrite. 
Aujourd'hui, il observe et lutte contre les régimes « faussement démocratiques » qui sont entrés dans l'Union Européenne sans pour autant respecter les libertés fondamentales : « Le journalisme est un rouage essentiel de la démocratie », explique-t-il. 

Pourtant, la Banque Mondiale, après la chute du gouvenement Eltsine, n'a accepté de financer ces Etats qu'à condition (entre-autres) qu'ils respectent la liberté d'expression. En Russie, la presse a encore vécu des heures noires cette année, portant à 21 le nombre de journalistes tués du fait de leur profession depuis l'arrivée de Vladimir Poutine en 2000. L'ex-URSS a déploré cinq meurtes des professionnels des médias en 2006, témoignant ainsi de la difficulté des Etats isus de l'ancienne Union Soviétique à solder un héritage autoritaire. C'est donc un défi dur à relever, comme on a pu le voir récemment avec l'assassinat de la journaliste russe
Anna Politkovskaïa, symbole de toute une Russie anti-Poutine ( a notamment publié : La Russie selon Poutine, Douloureuse Russie : journal d'une femme en colère).

 

« Ils n'ont pas l'expérience nécessaire de la liberté »

D'ailleurs, Henri Dudzinski l'a rencontrée en 2001. Il était alors en mission pour aider la Russie à comprendre le fonctionnement de la liberté des médias et celle de l'accès à l'information. La liberté ne s'acquiert pas, elle se construit chaque jour un peu plus : « Ils sont passés, dans l'idée, d'un régime où ils n'avaient le droit à rien à un autre où ils ont le droit à tout », explique-t-il. Les pays de l'Est ont ingurgité toutes les libertés que nous avons expérimenté depuis la Révolution de 1789.

Si il est vrai que l'Ukraine, après la « révolution orange », a connu une certaine amélioration en matière de liberté d'information, celle-ci a vite été tempérée par ne succession de de répressions envers les professionnels des médias. De plus, la crise s'est renforcée avec l'effarante incapacité d'aboutir à des résultats dans
l'affaire Géorgiy Gongadze, journaliste assassiné en 2000.

Au Bélarus, la réelection d'Alexandre Loukachenko, en mars avec 80% des voix, s'est faite dans un climat des plus déprimants. En trois mandats, le président biéliorusse a réussi à éradiquer pratiquement toute la presse indépendante d'opinion, renvoyant ainsi la profession à l'ère du samizdat ( ndlr : pubication clandestine).



Videos : La Russie selon Poutine, reportage en trois parties diffusé sur ARTE en 2006



Par JEROME GUEDJ - Publié dans : IUT JOURNALISME CANNES
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 14:04

 

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A l'occasion d'une conférence donnée aux élèves de l'IUT Journalisme de Cannes, Christian Chesnot, reporter au Figaro enlevé quatre mois en Irak en 2004, est revenu sur le nouveau statut des journalistes dû aux nombreux rapts dont ils sont victimes.

« Je suis un privilégié et un rescapé », confie d'emblée Christian Chesnot. Timide, élancé, la quarantaine tout juste dépassée, ce journaliste free-lance ( ndlr : indépendant) a été enlevé en Irak le 20 août 2004, avec son confrère Georges Malbrunot, par l'Armée islamique. Les ravisseurs veulent obtenir en échange le retrait de la loi sur la laïcité ( ndlr : selon laquelle le voile islamique est interdit à l'école). 
Après 124 jours de détention et un « versement de 12 millions d'euros par l'Etat français» (selon l'intéressé), ils sont libérés peu avant Noël.
Même si leur enlèvement s'est fait « par hasard », alors que celui de Florence Aubenas, par exemple, avait été programmé, il n'en reste pas moins que les journalistes travaillant dans les pays en guerre sont devenus, plus qu'une monnaie d'échange, de véritables moyens de pression sur les gouvernements pour les groupes terroristes. La guerre en Irak en est l'exemple le plus concret, avec trente enlèvements et une soixantaine d'assassinats.

« Un choc pour la profession ».

Si « la prise d'otage fait partie des risques du métier », cette pratique s'est multipliée ces dernières années. Les terroristes ont compris que le journaliste possède une place et un rôle importants au sein des sociétés occidentales. Ils n'hésitent donc plus à les instrumentaliser, et à les utiliser comme de réels outils de guerre, pour arriver à leur fin. D'ailleurs, les deux otages ont immédiatement - et durablement- reçu le soutien de l'Etat, de multiples organisations comme Reporters sans Frontières et de la nation française toute entière. Un soutien « surprenant » pour lui qui était entièrement coupé du temps. Un «choc» pour la profession puisque c'est la fonction même du journaliste qui est en jeu dans pareille situation. « Au début, j'ai été à la fois surpris et touché de toute cette mobilisation. Maintenant,  il faut savoir aussi que la médiatisation récurrente des rapts de mes confrères donne raison et confiance aux terroristes. C'est un risque à prendre ».
Il est vrai que l'année 2006 a été la plus meurtrière, depuis douze ans, pour les journalistes selon un rapport publié par RSF la semaine dernière. Le rapport 2007 épingle d'ailleurs la guerre en Irak, où soixante-cinq journalistes ont perdu la vie.

Par JEROME GUEDJ - Publié dans : IUT JOURNALISME CANNES
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